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Transférer ses études de médecine de Roumanie vers un autre pays européen
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Transférer ses études de médecine de Roumanie vers un autre pays européen
Vous avez commencé vos études de médecine en Roumanie. Vous avez validé une, deux, peut-être trois années. Et une question surgit : puis-je transférer mon dossier dans une faculté française, belge, ou d’un autre pays européen ?
La réponse est oui — mais avec des conditions. Le transfert en cours de cursus médical entre pays de l’UE est possible, mais il est plus complexe qu’un transfert entre universités d’un même pays. Voici ce qu’il faut savoir, université par université, crédit par crédit.
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Le principe : le système ECTS rend le transfert possible
Le système européen de crédits ECTS (European Credit Transfer and Accumulation System) est la clé de la mobilité. Créé dans le cadre du processus de Bologne, il permet de mesurer, comparer et transférer les acquis d’apprentissage entre établissements de l’Union européenne.
- 60 ECTS = 1 année universitaire à temps plein (1 500 à 1 800 heures de travail).
- 30 ECTS = 1 semestre.
- Chaque module, stage ou examen validé correspond à un nombre défini d’ECTS.
Toutes les facultés de médecine roumaines utilisent le système ECTS. En théorie, les crédits que vous avez validés à Cluj, Bucarest ou Târgu Mureș devraient être reconnus par une université française, belge ou espagnole.
En théorie seulement. Car il y a une différence fondamentale entre le droit au transfert (qui existe) et la réalité administrative (qui est plus complexe).
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Transférer vers une faculté française : la procédure
Ce que dit le droit
Les universités françaises sont tenues de reconnaître les crédits ECTS obtenus dans un autre établissement de l’UE. Le Code de l’Éducation (articles L.613-3 et suivants) prévoit la validation des acquis. La Directive 2005/36/CE ne régit que la reconnaissance du diplôme final — pas le transfert en cours de cursus — mais le cadre ECTS/Bologne s’applique.
Ce que dit la pratique
Le transfert vers une faculté française de médecine est techniquement possible mais administrativement difficile pour une raison simple : les places en 2ᵉ, 3ᵉ ou 4ᵉ année sont limitées par le numerus clausus français. Une faculté ne peut pas « créer » une place pour vous — elle doit avoir une place vacante.
Concrètement :
- Transfert en 2ᵉ année (PASS/LAS) : quasiment impossible après une année en Roumanie. La première année française (PASS/LAS) n’a pas d’équivalent direct en Roumanie où les études de médecine commencent directement en 1ʳᵉ année.
- Transfert en 3ᵉ année (DFGSM2) : possible si une place est vacante et que vos crédits ECTS des deux premières années roumaines sont reconnus.
- Transfert en 4ᵉ année et au-delà : possible mais soumis à l’accord d’une commission pédagogique qui évalue vos acquis.
La procédure type
- Identifiez l’université cible et contactez le service de scolarité de la faculté de médecine.
- Demandez une commission de validation des acquis. C’est cette commission (composée d’enseignants-chercheurs) qui examine votre dossier et décide de l’équivalence de vos années roumaines.
- Constituez un dossier solide : relevés de notes détaillés avec ECTS, supplément au diplôme, programmes détaillés des matières suivies (descriptif des cours, volumes horaires, modalités d’évaluation).
- Soyez prêt à repasser certains examens. Même si vos crédits sont globalement reconnus, la commission peut exiger que vous validiez des matières spécifiques (anatomie, sémiologie, etc.) selon le programme français.
Les obstacles réels
- Places vacantes : c’est le facteur limitant numéro un. Les facultés françaises ont peu de places à offrir aux étudiants en transfert.
- Programmes différents : le curriculum roumain ne suit pas exactement le même séquençage que le programme français. Une matière enseignée en 3ᵉ année à Cluj peut l’être en 2ᵉ année en France — ou l’inverse. La commission apprécie souverainement.
- Barrière administrative : certaines facultés sont réticentes à accepter des transferts depuis l’étranger, par méconnaissance du système ECTS ou par protectionnisme implicite.
Notre conseil : ne comptez pas sur le transfert comme plan A. Considérez-le comme une possibilité à explorer si vous avez une raison impérieuse de rentrer en France en cours de cursus. Et préparez un dossier bien documenté — un relevé de notes lapidaire ne convaincra personne.
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Transférer vers la Belgique
La Belgique est, avec la France, la destination naturelle pour un étudiant francophone qui souhaite quitter la Roumanie en cours de cursus.
Points favorables
- Les facultés belges (ULB, UCLouvain, ULg) connaissent bien le système ECTS.
- La formation y est également en français (Wallonie/Bruxelles).
- Les commissions de reconnaissance des crédits (CRC) sont habituées aux dossiers de transfert internationaux.
Points défavorables
- Numerus clausus strict. Le transfert est possible, mais les places sont rares. La priorité est donnée aux étudiants belges et aux étudiants ayant réussi le concours d’entrée.
- Concours d’accès : si vous ne l’avez pas passé à l’entrée, le transfert peut être conditionné à sa réussite même en cours de cursus (selon la réglementation de la Fédération Wallonie-Bruxelles).
- Les relevés de notes roumains doivent être traduits et détaillés.
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Transférer vers l’Espagne ou la Croatie
Espagne
Le transfert vers une faculté espagnole est plus difficile, pour deux raisons :
- La nota de corte (note d’admission) conditionne l’accès. Vous devrez faire homologuer votre baccalauréat et présenter une équivalence de notes.
- L’enseignement est en espagnol. Même si vos crédits ECTS sont reconnus, vous devrez suivre les cours dans une langue que vous ne maîtrisez peut-être pas au niveau académique requis.
Croatie
Le transfert vers une faculté croate est plus simple administrativement (les universités croates sont demandeuses d’étudiants internationaux) mais se heurte à la barrière linguistique : l’enseignement est en croate ou en anglais, pas en français.
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Le transfert via Erasmus+ : une alternative plus simple
Si vous ne souhaitez pas un transfert définitif, mais passer un semestre ou une année dans une autre université, le programme Erasmus+ est la solution la plus fluide.
Comment ça marche
Les UMF roumaines ont des accords Erasmus avec de nombreuses facultés européennes, y compris françaises (Paris, Lyon, Lille, Strasbourg, etc.). Vous postulez via le bureau des relations internationales de votre UMF.
Points clés :
- Votre contrat d’études (Learning Agreement) est signé avant le départ par les trois parties : vous, l’UMF d’origine, et l’université d’accueil.
- Les crédits validés pendant la mobilité sont automatiquement reconnus par l’UMF d’origine.
- Vous continuez à payer vos frais de scolarité en Roumanie (pas de frais supplémentaires dans l’université d’accueil).
- Vous pouvez bénéficier d’une bourse Erasmus+ (200 à 400 €/mois selon la destination).
Avantage : c’est une mobilité temporaire, sans les tracas administratifs d’un transfert définitif. Elle vous permet de découvrir le système hospitalier français ou belge, d’enrichir votre CV, et de vous faire une idée de l’exercice dans un autre pays — tout en restant inscrit dans votre UMF roumaine.
L’ECTS Medical Association
Fondée en 2004, l’ECTS Medical Association regroupe plus de 50 facultés de médecine européennes (UE + Suisse + Norvège) pour faciliter les échanges d’étudiants en médecine. Plusieurs UMF roumaines en sont membres. Cela facilite la reconnaissance des crédits entre établissements membres.
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Stratégie : que faire si vous voulez vraiment changer de pays en cours de cursus ?
- Terminez au moins 2 années complètes en Roumanie avant d’initier un transfert. Un dossier avec 120 ECTS validés (2 ans) est plus solide qu’un dossier avec 60 ECTS.
- Soignez vos relevés de notes. Des résultats solides (moyenne générale > 14/20) seront un argument fort devant une commission de validation.
- Documentez tout. Conservez les programmes détaillés de chaque matière, les volumes horaires, les noms des enseignants, les modalités d’examen. Plus votre dossier est documenté, plus la commission pourra reconnaître vos acquis.
- Contactez d’abord l’université cible. Avant de vous lancer dans un transfert, échangez avec la scolarité de l’université visée pour connaître les conditions exactes et les places disponibles.
- Envisagez Erasmus+ comme alternative. Si votre objectif est de découvrir un autre système sans renoncer à votre inscription roumaine, un semestre Erasmus est bien plus simple qu’un transfert définitif.
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FAQ
« Puis-je transférer ma 1ʳᵉ année roumaine vers une PASS/LAS française ? »
Non. La première année française (PASS/LAS) est une année de sélection, pas une année de formation médicale à proprement parler. Les crédits de votre 1ʳᵉ année roumaine ne sont pas directement transposables.
« Ai-je besoin d’une autorisation de mon UMF pour transférer ? »
Oui. Vous devez obtenir un certificat de scolarité, vos relevés de notes, et dans certains cas une lettre de l’université attestant que vous n’êtes pas sous le coup d’une procédure disciplinaire.
« Un transfert me fait-il perdre des années ? »
Possible. Une commission de validation peut estimer que vos acquis roumains correspondent à un niveau inférieur au niveau français pour la même année. Vous pourriez devoir « redoubler » une année partiellement. C’est la décision souveraine de la commission d’équivalence.
« Puis-je transférer mes études vers un pays hors UE ? »
Oui, mais le système ECTS n’y est pas toujours reconnu, et la Directive 2005/36/CE ne s’applique pas. Chaque cas est particulier. Pour le Royaume-Uni (post-Brexit), par exemple, contactez directement l’université visée.
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Pour aller plus loin
- Étudier la médecine en Roumanie : le guide complet 2026
- Comparaison des diplômes de médecine en Europe
- Le diplôme de médecine roumain dans l’Union Européenne
- Revenir exercer en France après médecine en Roumanie
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Dernière vérification : juillet 2026 — Sources : Code de l’Éducation (art. L.613-3 et suivants), système ECTS (Commission européenne), programme Erasmus+, ARES (Fédération Wallonie-Bruxelles), sites des UMF roumaines.
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